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Béret 1er RPIMa : histoire et symbolisme du béret rouge

AUTHOR: Lucas
DATE: 24 JUIN 2026
READ_TIME: 25 min
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Le béret rouge – ou amarante – du 1er RPIMa fait partie de ces pièces d’uniforme qui parlent avant même qu’un mot ne soit prononcé. Il condense l’héritage des commandos SAS de la France Libre, les campagnes d’Indochine et d’Algérie, la professionnalisation des forces spéciales et les opérations récentes au Sahel. À Bayonne, ce couvre-chef n’est pas un accessoire : il signe l’appartenance à l’une des unités les plus décorées de l’armée française, où la sélection est aussi exigeante physiquement que mentalement. Pour un candidat qui vise ce régiment, comprendre ce que représente ce béret – son histoire, ses traditions, la technique des sélections et les niveaux attendus en préparation physique – permet de mettre du sens derrière chaque séance, chaque développé militaire, chaque traction.

Derrière la couleur, il y a des dates, des noms, des combats : la 1re compagnie d’infanterie de l’air créée en 1940, les opérations en Bretagne en 1944, Ðiện Biên Phủ, le Koweït, l’Afghanistan, le Mali. Le retour officiel au béret amarante SAS en 2017 n’est pas un simple changement de nuance mais un alignement complet avec la devise « Qui ose gagne ». En parallèle, le régiment a structuré une sélection moderne : barèmes Luc Léger élevés, volume de musculation fonctionnelle, formation SAS de 22 semaines, spécialités comme CTLO, THP, PATSAS. Tout un système conçu pour que le béret soit l’aboutissement d’un processus cohérent, et pas un trophée de défilé.

  • Origines historiques : héritage direct des parachutistes SAS de la France Libre et des troupes coloniales.
  • Symbole fort : le béret amarante du 1er RPIMa incarne engagement, risque et sélection longue durée.
  • Évolution : du statut d’unité d’instruction à régiment de forces spéciales Terre à part entière.
  • Traditions vivantes : Saint Michel, Bazeilles, drapeau ultra décoré, devise « Qui ose gagne ».
  • Exigence physique : palier 10 au Luc Léger, 15 tractions strictes, travail poussé sur les épaules et le gainage.
  • Organisation actuelle : quatre compagnies SAS spécialisées, compagnie d’instruction, compagnie logistique.

Origines du béret rouge du 1er RPIMa et héritage SAS

Le béret amarante des parachutistes français ne sort pas de nulle part. Pour le 1er RPIMa, il s’ancre dans une filiation rare, qui traverse plusieurs armées et plusieurs dénominations. Tout démarre en 1940 en Angleterre, lorsque des Français Libres créent une unité aéroportée au moment où la métropole est occupée. Le 15 septembre 1940, la 1re compagnie d’infanterie de l’air est montée avec l’appui des Britanniques. Très vite, cette compagnie adopte les méthodes commando du Special Air Service (SAS) et se forme sur les mêmes terrains, sous la même météo, avec les mêmes exigences de rusticité.

À l’époque, la couleur du béret n’a pas encore la symbolique actuelle, mais l’esprit est déjà là : infiltration de nuit, parachutages profonds derrière les lignes, déplacements en jeep armée, sabotage ciblé. Entre 1942 et 1945, ces hommes opèrent en Crète, en Libye, en Tunisie, puis en Bretagne, en Belgique, aux Pays-Bas, jusqu’en Allemagne. Les images de ces commandos, béret incliné, insigne SAS sur la tête, marquent durablement les mentalités. Le béret devient le signe d’une fraternité de risque, d’une capacité à aller loin, longtemps, avec peu de moyens.

Après la guerre, la filiation ne se coupe pas. Elle change de nom, de statut, bascule des forces aériennes vers l’armée de Terre, puis vers les troupes coloniales. BCCP, BPC, brigades coloniales, demi-brigades SAS : l’appellation varie, mais l’héritage SAS est maintenu. En Indochine, le béret des troupes parachutistes coloniales se charge d’un nouveau poids symbolique avec les combats d’Hanoï, de la Plaine des Joncs, de Ðiện Biên Phủ. Quand un jeune engagé regardait ces anciens, il savait que ce couvre-chef signifiait : « tu as sauté là où personne n’avait envie d’aller ».

Dans les années 1950, le béret amarante devient la marque générale des parachutistes de l’armée de Terre, métropolitains et coloniaux. Les nuances administratives existent (infanterie, troupes de marine, légion), mais pour le grand public, « béret rouge » et « para » se confondent. Pour le 1er RPIMa, ce béret se double d’une spécificité : l’insigne et la devise SAS, héritées de la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est pas un simple patch décoratif, c’est un contrat : faire vivre « Who Dares Wins » en version française, dans les opérations actuelles.

En 2017, le régiment revient officiellement au béret amarante SAS, après plusieurs périodes où il portait un insigne plus classique des troupes de marine. Cette décision, validée par le commandement des forces spéciales Terre et le chef d’état-major de l’armée de Terre, réaffirme la continuité historique de 1940 à aujourd’hui. Pour un futur candidat, cela veut dire que, lorsqu’il enfilera ce béret, il sera directement relié à ceux qui ont sauté sur la Bretagne la nuit du 5 au 6 juin 1944 ou sur le camp retranché de Ðiện Biên Phủ en mai 1954.

Ce lien historique n’est pas seulement cérémonial. Il influence encore la manière d’entraîner les opérateurs. La logique SAS, c’est la petite équipe autonome, mobile, capable de combiner musculation fonctionnelle, tir, mobilité sous charge et résistance mentale. Le béret ne se valide pas avec un simple test de course : il se gagne à travers des cycles de terrain, des marches longues avec sac lourd, des exercices répétés de nuit, des mises en condition sous stress. C’est là qu’un candidat voit que son travail en développé militaire, en tractions, en sprints fractionnés prend un sens concret.

En résumé, l’origine du béret du 1er RPIMa, c’est un fil rouge : de Ringway à Bayonne, des SAS britanniques aux forces spéciales Terre, toujours avec la même exigence de discrétion, d’endurance et de précision. Quand tu le vises, tu ne cherches pas juste une couleur de coiffure, tu rentres dans une lignée où l’approximation n’a pas de place.

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Histoire opérationnelle du 1er RPIMa et campagnes associées au béret

Pour bien mesurer ce que pèse un béret rouge du 1er RPIMa, il faut regarder les campagnes inscrites sur son drapeau. Crète 1942, Libye 1942, France 1944, Ardennes 1945, Pays-Bas 1945, Indochine 1946-1954, Koweït 1990-1991, plus les opérations récentes en Afghanistan et au Sahel : chaque mention correspond à des hommes qui ont sauté, marché, combattu avec ce couvre-chef comme dernier repère identitaire. Un jeune engagé qui se présente aujourd’hui sait qu’il ne porte pas un béret « neutre », mais celui d’une unité citée à l’ordre de l’armée, décorée de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre 39-45, de la Croix de guerre TOE et de la Croix de la Valeur militaire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les paras français des SAS enchaînent les opérations spéciales. En Bretagne, en juin 1944, les sticks parachutés encadrent des maquis, coupent des voies ferrées, fixent des unités allemandes qui ne pourront pas monter en Normandie. On estime qu’environ 3 000 FFI, épaulés par 450 parachutistes SAS, ont retenu près de 85 000 soldats ennemis. Derrière ces chiffres, la réalité est brutale : nuits sans sommeil, ravitaillement aléatoire, combats rapprochés, évacuations sous le feu. Le béret, dans ce contexte, symbolise autant la fierté que la capacité à encaisser.

En Indochine, les héritiers de ces SAS deviennent des bataillons coloniaux de commandos parachutistes. Ils sautent sur Ðiện Biên Phủ alors que la position est déjà en situation critique. Les derniers renforts du 1er BPC sont largués entre le 1er et le 6 mai 1954, par petits paquets, dans un camp pilonné par l’artillerie. Certains arrivent directement sous le feu, parfois blessés dès l’atterrissage. Là encore, le béret est plus qu’un signe distinctif : c’est ce qu’on remet sur la tête de ceux qui sortent du trou, couverts de boue et d’ordres contradictoires, pour continuer à tenir.

Après la fin de la guerre d’Indochine, la filiation continue en Algérie et en Afrique du Nord, avec des brigades parachutistes coloniales engagées sur des théâtres complexes. Le régiment, sous différentes appellations, participe aussi à la crise de Suez, à Bizerte, puis se transforme peu à peu en unité d’instruction, avant de se spécialiser à nouveau dans les missions spéciales à partir des années 1970.

La guerre du Golfe, en 1991, marque une étape : trois détachements du 1er RPIMa sont engagés au sein de la division Daguet. L’un est au plus près du commandement, en protection rapprochée. Un autre forme le noyau d’un groupement commando parachutiste, mêlant équipes du régiment et commandos d’autres unités. Lors de la reprise de l’ambassade de France à Koweït City, les opérateurs du 1er RPIMa sont en première ligne. Deux d’entre eux mourront au cours du conflit, d’autres seront grièvement blessés par des sous-munitions non explosées. Là encore, le béret ne se porte pas pour le défilé, mais dans la poussière et sous la menace des éclats.

À partir de 1992, le régiment passe sous commandement des opérations spéciales. Balkans, Afrique, Afghanistan, Sahel : les missions se diversifient. Libération d’otages, capture de cibles à haute valeur, évacuation de ressortissants, patrouilles longue distance en milieu désertique, opérations en milieu urbain complexe. Le drapeau se couvre de nouvelles citations, notamment pour l’Afghanistan et le Mali. La fourragère aux couleurs de la Valeur militaire vient s’ajouter à celles de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre TOE et de l’Ordre de la Libération. Le béret, logique, suit cette montée en gamme opérationnelle.

Pour illustrer ce poids, il suffit de regarder la liste des morts du régiment depuis 1981 : Liban, Côte d’Ivoire, Comores, Irak, Afghanistan, Soudan, Mali. Chaque nom correspond à un visage qui a porté ce béret, à une famille qui l’a vu reposer sur un coussin de velours lors d’une cérémonie d’hommage. Quand tu t’entraînes pour rejoindre ce type d’unité, garder ça en tête aide à relativiser la fatigue d’un fractionné ou la brûlure d’un exercice d’épaule lourd.

Au final, l’histoire opérationnelle du 1er RPIMa montre une constante : quelle que soit l’époque ou le théâtre, le béret amarante est associé à la capacité à agir loin, vite, en autonomie, dans des contextes où l’erreur ne pardonne pas. C’est cette continuité qui donne sa force symbolique au couvre-chef d’aujourd’hui.

Symbolisme du béret rouge au 1er RPIMa : insigne, devise et traditions

Le béret du 1er RPIMa ne se résume pas à sa couleur. Il se lit aussi à travers son insigne, sa devise et les traditions qui l’entourent au quotidien. Sur le côté, tu retrouves un cercle argenté, un parachute blanc, une flèche rouge, une épée basse, la mention « SAS » et le chiffre 1, le tout accompagné de la devise « Qui ose gagne ». Chaque élément a un sens. Le parachute rappelle l’origine aéroportée, la flèche symbolise l’action dans la profondeur, l’épée figurant la dimension offensive, l’ensemble serti dans le cercle qui renvoie à la cohésion de l’unité.

La devise est centrale. Traduit du fameux « Who Dares Wins » des SAS britanniques, elle s’applique autant au combat qu’à la préparation. Oser, ce n’est pas foncer tête baissée, mais accepter de sortir de sa zone de confort : viser le palier 10 au Luc Léger quand on plafonne à 8, passer de 40 kg à 50 kg au développé militaire en gardant une technique propre, demander un retour honnête sur ses performances plutôt que de se contenter d’un niveau moyen. Gagner, dans cette logique, c’est d’abord progresser, séance après séance, sans tricher.

Autour de ce béret, plusieurs traditions structurent la vie du régiment. La Saint Michel, le 29 septembre, rassemble anciens et jeunes. Messe, prise d’armes, repas de corps : ce n’est pas folklorique, c’est un rappel que le métier engage au-delà de la simple fiche de poste. Les paras considèrent l’archange comme celui qui mène le combat contre l’adversité. Pour un jeune qui vient de finir sa formation SAS, porter le béret à cette occasion a une saveur particulière : il rejoint une grande chaîne de paratroopers qui se succèdent depuis 1940.

Autre moment fort : la commémoration de Bazeilles, le 31 août. Ce combat de 1870 est devenu le symbole des troupes de marine, dont fait partie le 1er RPIMa. Tenir jusqu’au bout dans un village encerclé, sans renoncer, même quand la situation est compromise : le message colle parfaitement à la mentalité des forces spéciales. La présence du béret amarante, aligné par rangs serrés devant le drapeau, ancre encore plus ce lien entre histoire longue durée et engagements récents.

Le drapeau du régiment lui-même est un concentré de symbolisme. Il a été l’un des emblèmes alliés les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale. Les inscriptions de campagnes, brodées en lettres d’or, rappellent la diversité des théâtres : de la Crète à la Libye, de la France à l’Indochine, jusqu’au Koweït. Quand tu vois ce drapeau passer, porté par un garde de couleur en béret amarante, tu comprends vite que le régiment ne joue pas dans la même catégorie que la plupart des unités conventionnelles.

Les fourragères complètent le tableau. L’unité en porte quatre, ce qui est exceptionnel : couleurs de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre TOE, de la Valeur militaire, de l’Ordre de la Libération. Visuellement, sur une tenue de défilé, combinées au béret rouge, elles envoient un message clair : ici, l’engagement a été payé, plusieurs fois, en sang et en cités à l’ordre de l’armée. Pour un candidat, c’est autant une motivation qu’un rappel à la modestie.

Enfin, il y a toute la culture quotidienne du régiment : respect strict des uniformes, port du béret dans des contextes précis, cérémonial autour des remises de brevet et des premiers bérets. On ne jette pas son couvre-chef dans un coin du vestiaire comme un bonnet de sport. On apprend à le façonner, à le porter au bon angle, à aligner correctement l’insigne. Cette rigueur dans le détail reflète la rigueur attendue dans les gestes techniques, que ce soit au stand de tir, en progression de nuit ou lors d’un exercice d’épaule lourd où le positionnement de chaque articulation compte.

Au final, le symbolisme du béret rouge au 1er RPIMa, c’est un triptyque : héritage, exigence et cohésion. Comprendre ce triptyque, c’est aussi mieux comprendre ce qu’on va chercher quand on décide de se préparer pour ce type de régiment.

Rejoindre le 1er RPIMa : sélections, physique et place du béret dans le parcours

Pour un candidat d’aujourd’hui, le béret rouge du 1er RPIMa n’arrive qu’au bout d’un long tunnel. Civil ou déjà militaire, tu passes par plusieurs filtres : tests initiaux, PMPFS (préparation militaire des forces spéciales) d’environ quinze jours à Pau, entretien au DEI (département évaluation information), puis, en cas de sélection, classes à Bayonne et formation SAS de 22 semaines. À chaque étape, la question est simple : « Est-ce que ce candidat peut porter le béret d’une unité de forces spéciales Terre sans trahir son niveau ? ».

Sur le plan physique, les attentes sont claires. Un palier 10 au Luc Léger est vu comme un minimum crédible, pas comme une performance exceptionnelle. Pour les tractions, on parle d’environ 15 répétitions strictes, bras tendus en bas, menton au-dessus de la barre, pas de balancier. Le reste du profil doit suivre : pompes, squats, course à pied, gainage. Contrairement à ce qu’on voit parfois sur les réseaux, personne ne demande 200 kg au squat ou 140 kg au développé couché. En revanche, on attend une base solide en musculation fonctionnelle et une vraie capacité à supporter la charge : sac à 20-25 kg, matériel d’armement, chaleur, manque de sommeil.

La PMPFS sert de premier filtre terrain. En deux semaines, les cadres évaluent ton endurance, ta résistance mentale, ton comportement en groupe. Tu cours, tu marches, tu fais du tir, des ateliers d’obstacles, du combat, des mises en situation. Tes performances brutes comptent, mais ton attitude aussi : gestion de la fatigue, respect des consignes, capacité à réagir proprement sous stress. À la fin, un classement est établi. Ce n’est pas un simple bulletin de notes, c’est un outil de décision pour savoir qui sera convoqué à la prochaine incorporation.

Une fois arrivé à Bayonne, le rythme monte encore. La formation SAS dure plusieurs mois. Tu y enchaînes instruction de base, tactique, tir, infiltration, orientation, travail de nuit, franchissement, techniques de corde et de descente, mais aussi beaucoup de physique général : course longue, fractionné, exercices d’épaule, tractions lestées, gainage dynamique, portage de blessé. Le béret n’est pas donné au premier jour : il se mérite au fil des semaines, au contact de la pluie, du froid, de la chaleur, des ampoules et parfois des doutes.

Pour y arriver, un candidat sérieux structure sa préparation. Sur la partie cardio, l’objectif est d’atteindre et dépasser le palier 10 au Luc Léger. Concrètement, ça veut dire intégrer deux à trois séances de fractionné par semaine : 10 × 200 m, 8 × 400 m, 5 × 800 m, avec des récupérations courtes. Sur la partie musculaire, l’accent doit être mis sur le haut du corps (tractions, pompes, dips, développé militaire), le bas du corps (squats, fentes, sauts) et le tronc (gainage). L’idée n’est pas de devenir un bodybuilder, mais de construire une charpente capable d’encaisser les charges.

Pour que tu visualises mieux, voici un exemple de semaine type de prépa orientée 1er RPIMa :

Jour Objectif Contenu principal
Lundi Endurance + haut du corps Footing 45 min + 6 séries de tractions + 4 × 8 développé militaire léger
Mardi Fractionné 8 × 400 m au rythme Luc Léger palier 10, récup 1’30
Mercredi Force fonctionnelle Squats, fentes, portage sac 20 kg, gainage 4 × 1’30
Jeudi Repos actif Mobilité, travail technique épaules, natation ou vélo léger
Vendredi WOD commando Circuits pompes, burpees, tractions, course courte, sac à dos
Samedi Marche sous charge 10 à 15 km avec sac 15-20 kg, terrain varié
Dimanche Repos Sommeil, étirements légers

Tout ce travail, au final, vise un moment : la remise du béret. Quand tu arrives là, tu n’es plus seulement quelqu’un qui sait courir vite ou faire beaucoup de tractions. Tu fais partie d’un collectif qui porte un héritage précis. Le couvre-chef amarante devient alors un rappel quotidien : tu as gagné le droit de le porter, maintenant il va falloir être à la hauteur, en mission comme à l’entraînement.

Entraînement physique autour du béret : épaules, charge et discipline technique

Pour tenir dans un régiment comme le 1er RPIMa, le symbole du béret doit s’appuyer sur un corps solide. Les épaules sont un maillon critique : port des sacs, tirs prolongés, manipulations d’armes, escalades, franchissements, tractions à répétition. C’est là que des mouvements comme le développé militaire prennent tout leur sens. Bien utilisé, c’est un exercice d’épaule clé pour construire une ceinture scapulaire robuste, capable d’encaisser la charge opérationnelle.

Le problème, c’est que beaucoup de pratiquants le font mal. Échauffement bâclé, positionnement aléatoire, respiration anarchique, ego surdimensionné sur la barre : on cumule les erreurs à éviter pour aller droit vers la blessure. Dans une prépa orientée forces spéciales, ce n’est pas viable : une épaule cramée, c’est des semaines perdues et des chances de sélection qui s’effondrent.

Avant de charger, il faut préparer. Un bon échauffement pour le haut du corps devrait inclure 5 à 10 minutes de cardio léger (rameur, corde à sauter), puis des mouvements articulaires : cercles d’épaules, rotations de poignets, rotations de coudes. Ensuite, quelques séries d’activation avec élastiques : tirage horizontal, élévations latérales légères, rotations externes. L’objectif est simple : augmenter la température, réveiller les muscles stabilisateurs, graisser les articulations.

Sur le développé militaire lui-même, la technique fait la différence. Pieds écartés largeur bassin, fessiers et abdos contractés pour verrouiller la colonne, poitrine ouverte, omoplates légèrement serrées. La barre doit partir de la hauteur des clavicules, pas de la poitrine, et monter en ligne quasi verticale au-dessus de la tête sans tordre le dos. La respiration se cale sur le mouvement : inspiration avant la descente, légère apnée de gainage, expiration en fin de poussée. Si tu dois cambrer exagérément pour sortir la barre, la charge est trop lourde.

Pour diversifier sans perdre le fil, tu peux travailler plusieurs variantes utiles :

  • Développé militaire debout : version la plus fonctionnelle, excellente pour le gainage global.
  • Développé militaire assis : réduit la participation des jambes, concentre le travail sur les épaules, à utiliser avec charge modérée.
  • Développé aux haltères : plus de liberté articulaire, intéressant si tu as des épaules raides.
  • Push press : léger appel de jambes, bon pour transférer vers des mouvements explosifs type tir ou montée de charge.

Les grandes erreurs à éviter : descendre la barre trop bas derrière la nuque, sacrifier l’alignement du dos pour pousser plus lourd, ignorer les douleurs articulaires récurrentes. À l’échelle d’un cycle de prépa 1er RPIMa, ce genre d’erreurs coûte cher. L’idée n’est pas de battre un record de force, mais de développer une puissance stable et répétable, qui reste disponible après 15 km de marche, une nuit blanche ou une séquence de tir intensive.

Un plan simple et efficace peut ressembler à ceci : deux séances d’épaules par semaine, intégrées dans un travail global haut du corps. Par exemple, 4 × 6 à 8 répétitions au développé militaire debout, avec une charge correspondant à 60-70 % de ton max réel, complétées par 3 × 12 tirages horizontaux et 3 × 15 élévations latérales légères. Le but est d’équilibrer poussée et tirage, pour ne pas tirer les épaules en avant et exposer les tendons.

Pour vérifier que ton programme reste compatible avec l’objectif 1er RPIMa, pose-toi trois questions : est-ce que ton épaule reste stable sous sac lourd ? Est-ce que tu peux faire 10 à 15 tractions propres sans douleur ? Est-ce que ton haut du corps encaisse deux séances intenses par semaine sans s’effondrer ? Si la réponse est non, il faut ajuster, souvent en réduisant la charge et en soignant davantage l’échauffement et la technique.

En résumé, dans une démarche sérieuse vers le béret amarante, chaque séance épaules n’est pas juste là pour « avoir des deltos » mais pour garantir que ton corps suivra ton ambition. Le symbole sur la tête doit être soutenu par des articulations solides et un schéma moteur propre.

Organisation actuelle du 1er RPIMa et rôle du béret rouge dans la culture régimentaire

Aujourd’hui, le 1er RPIMa aligne environ 900 militaires, structurés en une vingtaine de sticks actions spéciales de taille réduite, plus les éléments de commandement et de soutien. Chaque stick rassemble une douzaine d’opérateurs, scindables en deux équipes. La logique reste la même qu’aux temps des SAS : petites unités très mobiles, disposant de spécialités pointues, capables d’agir loin devant ou à côté des forces conventionnelles. Le béret amarante, commun à tous, sert alors à unifier des profils très différents.

Les compagnies opérationnelles sont au nombre de quatre, chacune avec un cœur de métier. La 1re compagnie SAS est tournée vers la « 3e dimension » : chuteurs opérationnels à grande hauteur, plongeurs offensifs, actions subaquatiques, franchissements complexes. La 2e compagnie se spécialise dans les milieux extrêmes : jungle, montagne, grand froid, sabotages et franchissements verticaux. La 3e compagnie met en œuvre les PATSAS, patrouilles motorisées sur véhicules légers armés, héritières directes des jeeps SAS de 1942-1945. La 4e compagnie, elle, concentre les savoir-faire en milieu urbain : opérations banalisées, CTLO, protection rapprochée, tireurs de haute précision, drones.

Autour de ces compagnies, deux autres entités structurent la vie du régiment. La compagnie d’instruction prend en charge la formation initiale et les cursus SAS, depuis les bases jusqu’aux perfectionnements. La compagnie de commandement et de logistique assure le soutien : transmissions, maintenance, ravitaillement, transport. Là encore, le béret rouge agit comme une colonne vertébrale symbolique. Qu’il soit opérateur CTLO ou logisticien, chacun sait qu’il représente une unité de forces spéciales Terre et que son niveau doit être en cohérence avec ce statut.

Au quotidien, le béret se retrouve au centre de nombreux moments-clés : cérémonies, prises d’armes, remises de décorations, adieux aux drapeaux, hommages aux morts. Lorsqu’un opérateur tombe en opération extérieure, c’est souvent son béret qui est posé sur le coussin à côté du drapeau tricolore. Ce geste rappelle à tous, y compris aux plus jeunes, que la couleur amarante ne se gagne pas sur un simple coup de chance, mais peut se payer au prix fort.

À la citadelle Général Bergé de Bayonne, le régiment accueille aussi régulièrement des unités étrangères de forces spéciales. Les échanges portent sur les techniques, les modes opératoires, les retours d’expérience. Voir différents bérets – verts, noirs, beiges – se côtoyer sur la même cour, avec au milieu les bérets rouges amarante SAS, ancre l’idée de famille internationale des forces spéciales. Pour un jeune opérateur, ça renforce encore la fierté et la responsabilité liées à ce couvre-chef.

Enfin, cette culture régimentaire se diffuse aussi dans la société civile, via des films, des séries, des livres. Des personnages fictifs de cinéma ou de télévision sont parfois présentés comme anciens du 1er RPIMa. Des ouvrages racontent des opérations, des campagnes, des moments de sélection. Même si la fiction prend parfois des libertés, elle contribue à faire connaître le béret rouge au grand public. Pour un futur candidat, c’est important de distinguer la réalité exigeante du quotidien (heures de tir, marches, séances de musculation et de développé militaire, nuits courtes) de la version romancée montrée à l’écran.

En pratique, si tu vises ce régiment, une bonne démarche consiste à articuler trois axes : comprendre l’histoire et le symbolisme du béret, structurer une préparation physique honnête, et t’informer précisément sur le parcours de sélection. Concrètement, dès cette semaine, tu peux lancer un cycle de 8 semaines avec un objectif simple : atteindre 12 à 15 tractions strictes, stabiliser un 4 × 8 reps au développé militaire technique, et progresser d’un palier au Luc Léger. C’est une première marche cohérente vers le moment où, peut-être, on posera le béret amarante sur ta tête.

Que représente exactement le béret rouge du 1er RPIMa ?

Le béret amarante du 1er RPIMa symbolise l’héritage des parachutistes SAS de la France Libre, mais aussi l’appartenance aux forces spéciales Terre. Combiné à l’insigne SAS et à la devise « Qui ose gagne », il marque une double exigence : fidélité à une tradition de commandos parachutistes et niveau opérationnel élevé sur les théâtres actuels (Sahel, Moyen-Orient, Balkans, etc.).

Quel niveau physique viser avant de tenter la sélection 1er RPIMa ?

Pour avoir une base crédible, il est pertinent de viser au minimum le palier 10 au Luc Léger, 12 à 15 tractions strictes, une bonne capacité de gainage (4 fois 1 min 30) et une aisance sur les efforts longs (footing 45-60 minutes). Le haut du corps doit être solide : pompes, tractions, développé militaire technique et sans douleur, sans chercher la performance de force pure type powerlifting.

La PMPFS est-elle obligatoire pour rejoindre le 1er RPIMa ?

Oui, la PMPFS (Préparation militaire des forces spéciales) est un passage obligé pour les candidats visant le 1er RPIMa. Elle dure environ deux semaines à Pau et sert de filtre initial : tests physiques, observation du comportement sous stress, travail en groupe. Un classement final aide les recruteurs à sélectionner les candidats pour la prochaine incorporation au régiment.

Comment intégrer le développé militaire dans une prépa 1er RPIMa ?

Le développé militaire est un excellent exercice d’épaule pour renforcer la ceinture scapulaire. Il peut être intégré deux fois par semaine, sur 4 à 6 séries de 6 à 10 répétitions, avec une charge modérée permettant de garder une technique propre. L’échauffement doit être soigné (cardio léger, mobilité, élastiques), et le mouvement réalisé debout ou assis, sans cambrure excessive du dos. L’objectif est la solidité et la répétabilité, pas le record de charge.

Le béret est-il remis dès l’arrivée au 1er RPIMa ?

Non, le béret rouge avec insigne SAS ne se porte pas dès le premier jour. Les engagés passent d’abord par les classes et la formation SAS, avec un volume important d’instruction et de préparation physique. La remise du béret intervient après validation de ces étapes clés, souvent lors d’une cérémonie qui marque leur entrée pleine et entière au sein du régiment.

Lucas

Redige par

Lucas

Ancien militaire avec 10 ans d'expérience, je me suis reconverti en coach spécialisé en préparation physique opérationnelle. Passionné par la performance et la résilience, j'accompagne les professionnels et les sportifs pour atteindre leurs objectifs physiques et mentaux.

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