Les burpees ont mauvaise réputation dans les vestiaires : ça pique les cuisses, ça arrache les poumons et ça met le cœur dans le rouge en moins de 30 secondes. Pourtant, cet exercice complet est devenu la base de la préparation physique de nombreuses unités militaires, box de cross-training et équipes d’intervention. En une seule séquence, tu travailles le bas du corps, le haut, le gainage et le cardio, tout en développant ta force musculaire et ton mental. C’est précisément ce cocktail qui en fait un « exercice roi » sur le terrain, là où il faut être capable de se relever vite, souvent, et avec du matériel sur le dos.
Dans les écoles d’instruction comme dans les circuits tactiques modernes, les burpees servent de test simple et brutal : qui tient la cadence ? Qui garde une technique propre quand le rythme cardiaque s’envole ? Enchaîner correctement ce mouvement demande de la coordination, de la mobilité et une vraie maîtrise du corps. C’est aussi pour ça que les burpees sont un excellent indicateur de condition physique opérationnelle : si tu les passes proprement et longtemps, tu sais que tu peux encaisser du terrain, des marches rapides et des efforts répétés sous stress. On va voir en détail quels sont les muscles sollicités, pourquoi cet exercice brûle autant d’énergie, comment l’adapter à ton niveau et comment l’intégrer intelligemment dans un programme qui tient la route.
- Burpees et muscles sollicités : travail coordonné des jambes, du haut du corps et de la sangle abdominale à chaque répétition.
- Exercice roi du cardio : le rythme cardiaque monte très vite, idéal pour l’endurance et la préparation aux tests militaires.
- Force et explosivité : le combo squat–pompe–saut développe puissance des jambes, des pectoraux et des triceps.
- Renforcement musculaire global : un seul mouvement, mais un impact sur tout le corps et sur le gainage profond.
- Polyvalent et minimaliste : aucun matériel, peu de place, mais un stimulus brûle-calories massif.
Burpees et muscles sollicités : comprendre pourquoi c’est un exercice complet
Si les instructeurs militaires, les coachs de cross-training et les préparateurs d’unités spéciales utilisent autant les burpees, ce n’est pas par sadisme gratuit. C’est parce qu’en quelques répétitions, tu actives un nombre impressionnant de groupes musculaires, dans des contractions variées : concentriques, excentriques et isométriques. Le mouvement enchaîne une flexion type squat, un passage en planche, une pompe puis un saut vertical. Résultat : bas du corps, haut du corps et centre sont obligés de travailler ensemble sous fatigue, exactement comme sur un terrain d’opération ou sur un parcours commando.
Concrètement, les quadriceps encaissent la descente en squat et la poussée pour le saut. Les fessiers fournissent la puissance à l’extension de hanche, épaulés par les ischio-jambiers. En planche, la sangle abdominale – abdos, transverse, lombaires – verrouille le buste pour éviter que le bassin s’affaisse. Pendant la pompe, pectoraux, triceps et épaules prennent le relais, avant de repasser la main aux jambes pour le bond final. En un seul burpee, tu traverses donc plusieurs familles de mouvements : pousser avec les bras, pousser avec les jambes, stabiliser avec le tronc.
Pour visualiser qui travaille à chaque phase, voici un tableau simple :
| Phase du burpee | Muscles principaux sollicités | Muscles secondaires impliqués |
|---|---|---|
| Descente en squat | Quadriceps, fessiers | Ischio-jambiers, mollets |
| Passage en planche | Abdominaux, lombaires | Épaules, fléchisseurs de hanche |
| Pompe | Pectoraux, triceps, deltoïdes | Grand dentelé, gainage profond |
| Saut vertical | Quadriceps, fessiers, mollets | Abdominaux, érecteurs du rachis |
Le point clé : tout est enchaîné sans vraie pause, ce qui en fait un énorme brûle-calories. Sur un bloc de 10 à 20 répétitions, ton cardio monte violemment, la respiration devient courte et tu dois apprendre à gérer l’effort. C’est exactement ce qu’on recherche pour préparer un candidat aux tests type Luc Léger, parcours d’obstacles ou épreuves de sélection d’unités spécialisées.
Autre avantage : les burpees n’opposent pas « haut » et « bas » du corps, ils forcent l’ensemble à travailler en synergie. Pour un futur engagé ou un sportif tactique, c’est beaucoup plus pertinent qu’un simple enchaînement de machines de musculation. C’est cette capacité à lier renforcement musculaire et endurance dans un mouvement opérationnel qui fait des burpees un exercice vraiment à part.

Technique du burpee parfait : exécution, erreurs classiques et corrections
Tu peux faire 100 burpees, mais si ta technique est approximative, tu travailles moins bien tes muscles sollicités et tu augmentes le risque de blessure. Un burpee propre ressemble plus à une séquence contrôlée qu’à un crash au sol suivi d’un bond désespéré. L’objectif est d’aligner colonne, bassin et épaules, de garder les genoux dans l’axe et de répartir l’effort entre haut et bas du corps, pas tout dans les lombaires.
Voici la version de base, utilisée dans de nombreux tests de préparation physique militaire :
- Position de départ : debout, pieds largeur d’épaules, buste gainé, regard horizontal.
- Squat : tu fléchis hanches et genoux, tu poses les mains au sol devant toi, talons ancrés, dos droit.
- Propulsion en arrière : tu sautes avec les pieds pour te retrouver en planche, corps aligné de la tête aux talons.
- Pompe : tu descends la poitrine vers le sol, coudes près du corps, puis tu repousses fort.
- Retour : tu ramènes les pieds sous le bassin en un saut contrôlé, genoux fléchis.
- Saut final : tu tends les jambes et les hanches, tu sautes verticalement en levant les bras au-dessus de la tête.
Les grandes erreurs reviennent toujours : dos qui s’arrondit en squat, hanches qui s’effondrent en planche, pompe moitié faite, atterrissages lourds sur les talons. Toutes ces fautes réduisent l’engagement musculaire et transforment l’exercice roi en source sûre de douleurs de genou ou de lombaires. Une solution efficace consiste à renforcer ton gainage en parallèle, par exemple avec des routines inspirées des méthodes présentées dans ce guide détaillé sur le gainage.
Pour améliorer ta technique, tu peux utiliser un tempo contrôlé : trois secondes pour descendre au sol, une seconde en planche, puis une remontée dynamique. Tu peux aussi filmer quelques séries pour vérifier la ligne épaules–bassin–genoux. Sur le terrain, un simple repère fonctionne bien : si tu sens plus le bas du dos que les abdos et les cuisses, ta position de planche est probablement mauvaise.
Enfin, un point souvent oublié : la respiration. Bloquer l’air sur plusieurs répétitions te fait monter le cœur trop vite et te coupe les jambes. Le repère à intégrer est simple : tu inspires en descendant vers le sol, tu expires quand tu repousses (pompe + saut). Au fur et à mesure, cette respiration calée sur le mouvement devient automatique et t’aide à tenir des séries plus longues sans exploser prématurément.
Pourquoi les burpees sont l’exercice roi pour le cardio, l’endurance et l’explosivité
Les burpees ne se contentent pas de faire mal aux cuisses. Ils transforment littéralement ta manière de gérer l’effort. Chaque répétition impose un passage rapide du sol à la position debout, puis un saut. Ton système cardiovasculaire est obligé d’accélérer pour alimenter en oxygène les groupes musculaires engagés. Sur un protocole type 30 secondes de travail / 30 secondes de repos, tu te retrouves avec un cardio proche de celui d’un sprint, tout en développant de la force musculaire et de l’explosivité.
Pour un candidat à l’armée, à la gendarmerie ou aux pompiers, ce genre de stimulus est précieux. Les épreuves terrain mêlent souvent course, sol–debout répétés, franchissements et port de charge. Les burpees sont une excellente prépa pour ces situations. On voit régulièrement des candidats qui courent correctement à plat, mais s’effondrent dès qu’on ajoute du sol–debout en série. Ceux qui ont intégré des burpees et leurs variantes dans leur planning encaissent beaucoup mieux ce type d’effort.
Sur le plan énergétique, les burpees sont de vrais brûle-calories. Enchaîner 10 à 15 répétitions à bonne intensité peut consommer autant qu’une ligne droite de course à pied rapide. Sauf qu’ici, tu rajoutes un gros travail de renforcement musculaire. Cet effet combiné en fait un outil redoutable pour améliorer la composition corporelle : plus de masse musculaire utile, moins de gras inutile, et un métabolisme qui reste élevé après la séance grâce à l’effet « afterburn ».
En termes d’endurance, les burpees permettent de travailler à la fois l’aérobie (résistance sur la durée) et l’anaérobie (capacité à tenir un effort violent, court, répété). C’est exactement ce que recherchent les sélections exigeantes, comme celles des unités commandos ou des groupes d’intervention. Si tu veux te faire une idée concrète de la réalité de ces sélections, le retour terrain présenté dans cet article dédié au recrutement commando marine te donnera un cadre clair sur les niveaux attendus.
Tu peux aussi charger l’exercice pour le rendre encore plus proche d’une situation opérationnelle : un gilet lesté entre 5 et 10 kg suffit largement au départ. Avec cette contrainte, le travail de gainage et de puissance des jambes explose, et tout le système cardio-respiratoire est forcé de monter d’un cran. L’idée n’est pas de se massacrer, mais de construire progressivement une vraie base physique qui tient la route, même sous charge.
Variantes de burpees : du débutant au niveau commando
Tout le monde n’a pas besoin – ni intérêt – de partir sur des séries de burpees complets avec saut explosif. Selon ton niveau, ton poids de corps et ton historique de blessures, il est plus intelligent d’adapter. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une palette de variantes qui permettent de garder le caractère d’exercice complet tout en modulant l’intensité et le type de muscles sollicités.
Pour un débutant ou un retour de blessure, le burpee « marché » est une excellente porte d’entrée. Au lieu de sauter les pieds en arrière, tu recules une jambe après l’autre jusqu’en planche, puis tu reviens de la même façon. Tu peux enlever le saut final, voire la pompe, pour te concentrer sur la coordination et le gainage. L’objectif est de construire un mouvement propre sans traumatiser les genoux ni les chevilles.
Niveau intermédiaire, le burpee classique avec pompe et saut suffisamment haut suffit à faire grimper ton cardio. Tu peux jouer sur les variantes : saut genoux-poitrine, saut en longueur (burpee broad jump), ou burpee sur support surélevé si la mobilité de hanche est limitée. Le haut du corps travaille davantage si tu rallonges la phase de pompe ou si tu passes sur des versions type « Deadman burpee » où la poitrine touche clairement le sol à chaque répétition.
Pour les pratiquants avancés qui visent une condition quasi opérationnelle, les variantes lestées ou combinées sont redoutables : burpee + traction, burpee over the bar, burpee box jump, burpee + arraché avec haltères (devil press). Ces versions sollicitent très fort la force musculaire, la coordination et l’explosivité. Attention toutefois à garder une progression logique : on ne passe pas d’un burpee sans pompe à un burpee pull-up avec gilet de 10 kg en une semaine sans casse quelque part.
Un bon repère de progression pourrait ressembler à ça : commencer par 3 × 8 burpees « marché » sans saut, passer ensuite à 5 × 6 burpees classiques, puis à des EMOM avec 5 burpees par minute sur 10 minutes. Une fois ces paliers validés proprement, tu peux commencer à jouer avec des variantes plus agressives, en gardant en tête qu’un mouvement propre vaut toujours mieux qu’une version spectaculaire mais approximative.
Intégrer les burpees dans un programme de préparation physique tactique
Les burpees, pris isolément, sont déjà exigeants. Mal intégrés à un planning, ils deviennent vite ingérables : fatigue chronique, douleurs articulaires, stagnation. L’idée n’est pas d’en faire tous les jours jusqu’à vomir, mais de les placer au bon moment, avec la bonne dose, pour compléter le reste de ta préparation : course à pied, travail de force, gainage, marches lourdes.
Une méthode simple consiste à définir le rôle des burpees dans ta semaine. Tu peux les utiliser comme bloc principal de cardio intense sur une séance dédiée, comme « finisher » après du renforcement plus lourd, ou comme test régulier pour suivre tes progrès. Par exemple, réaliser un maximum de burpees en 5 minutes toutes les 4 semaines te donne un indicateur très parlant de ton évolution en endurance et en gestion de l’effort.
Les formats d’entraînement classiques fonctionnent très bien :
- EMOM (Every Minute On the Minute) : tu fais 5 à 10 burpees au début de chaque minute, le reste du temps est ton repos.
- HIIT : 30 secondes de burpees – 30 secondes de repos, sur 8 à 12 minutes.
- Tabata : 20 secondes à fond, 10 secondes de repos, sur 8 cycles.
- Finisher : 3 × 15 burpees en fin de séance de musculation pour ajouter un gros stimulus brûle-calories.
Si tu veux accentuer le travail du haut du corps, tu peux coupler burpees et pompes sur une même séance. Les programmes structurés type plan de pompes sur 30 jours se marient très bien avec 2 séances hebdomadaires de burpees, à condition de respecter les récupérations. L’idée reste toujours la même : construire, pas détruire.
Pour un candidat à un concours militaire ou à un corps d’élite, un micro-cycle simple sur 4 semaines pourrait être : deux séances de burpees en HIIT, une séance de course continue et une séance de fractionné type 30/30. Tu gardes en plus deux séances de force (tractions, pompes, squats, gainage). Les burpees deviennent alors le trait d’union entre ton renforcement musculaire et ta capacité à enchaîner les efforts sous fatigue, ce qui est exactement ce qu’on te demandera le jour J.
En fin de compte, les burpees ne sont ni une punition ni un miracle. Bien programmés, ils sont un outil solide pour forger un corps capable de courir, pousser, sauter et encaisser longtemps. Le tout sans matériel, n’importe où, que ce soit dans une chambre de foyer, un coin de box ou un couloir de caserne.
Combien de burpees faire par séance pour progresser sans se blesser ?
Pour la plupart des sportifs, 40 à 80 burpees par séance suffisent largement, répartis en séries ou en intervalles. Commence par 4 à 5 séries de 8 à 10 répétitions avec une technique propre, puis augmente progressivement le volume ou l’intensité. L’important est de garder au moins un jour complet sans burpees entre deux grosses séances pour laisser le système nerveux et les articulations récupérer.
Les burpees remplacent-ils la course à pied pour le cardio ?
Non, les burpees ne remplacent pas totalement la course. Ils la complètent. Les burpees développent très bien la capacité à encaisser des efforts explosifs, répétés et très intenses, alors que la course continue renforce davantage l’endurance de base et la tolérance à l’effort long. Pour un candidat militaire, le meilleur choix reste d’associer les deux : au moins une séance de course par semaine et une à deux séances de burpees en intervalles.
Peut-on faire des burpees tous les jours ?
C’est possible sur de très petits volumes (quelques répétitions en échauffement), mais déconseillé en mode intensif. À forte dose, les burpees sollicitent fortement les épaules, les genoux, les poignets et le bas du dos. Trois séances par semaine, bien programmées, sont largement suffisantes pour progresser en force, en cardio et en explosivité, sans tomber dans le surentraînement.
Les burpees sont-ils adaptés en cas de surpoids ou de retour de blessure ?
Oui, à condition d’adapter la variante et de supprimer le saut ou la pompe au début. On peut utiliser le burpee marché, poser les mains sur un banc pour réduire l’amplitude ou fractionner encore plus les séries. Si tu as des antécédents de problèmes cardiaques, de genou ou de lombaires, un avis médical est fortement recommandé avant de lancer un travail intensif sur les burpees.
Faut-il ajouter du poids pour rendre les burpees plus efficaces ?
Le poids du corps suffit largement pour la majorité des pratiquants. Une fois une très bonne technique et un bon niveau d’endurance acquis, tu peux ajouter une petite charge externe, par exemple un gilet lesté léger. L’objectif n’est pas d’empiler les kilos, mais de renforcer légèrement la contrainte pour stimuler davantage le gainage, la force des jambes et la capacité cardio sans détruire la technique.

Redige par
Lucas
Ancien militaire avec 10 ans d'expérience, je me suis reconverti en coach spécialisé en préparation physique opérationnelle. Passionné par la performance et la résilience, j'accompagne les professionnels et les sportifs pour atteindre leurs objectifs physiques et mentaux.
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